Restaurer la continuité écologique

En matière de préservation des milieux aquatiques et de connaissances des espèces piscicoles, les structures associatives de la pêche ont souvent été précurseur. Il suffit de regarder comment l’entretien des cours d’eau est aujourd’hui pris en compte par l’ensemble des acteurs de l’eau.

De même, grâce aux connaissances acquises sur le terrain, le cycle de vie de la truite fario a été mieux appréhendé. Ce travail a fortement contribué à accroître le niveau de connaissances sur les milieux aquatiques et aboutit aujourd'hui à leur meilleure prise en compte notamment par la réglementation. La question de l’accessibilité aux zones de frayères est ainsi devenue primordiale.

Cette notion de « continuité écologique » est devenue incontournable dans les politiques publiques de gestion des milieux aquatiques que sont la Directive Cadre sur l’Eau et le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du bassin Loire-Bretagne récemment approuvé. On ne peut que se réjouir de cette prise en compte.

La continuité écologique, c’est quoi ?

Cette notion est reprise dans la circulaire DCE 2005/12 relative à la définition du « bon état » et à la constitution des référentiels pour les eaux douces de surface.

Selon la circulaire, la continuité écologique de la rivière est assurée par :
- le rétablissement des flux de sédiments (transport solide) nécessaires au maintien ou au recouvrement des conditions d’habitats des communautés biologiques (poissons, invertébrés,…)
- le rétablissement des possibilités de circulation (montaison et dévalaison) des espèces aquatiques, dont les poissons, à des échelles spatiales compatibles avec les exigences biologiques de leurs cycles de vie et permettant leurs survies durables dans l’écosystème.

La « continuité écologique » est donc une notion essentielle pour garantir le bon fonctionnement de tout l’écosystème
aquatique. Au-delà de garantir le cycle de vie du poisson, elle a pour but de maintenir la dynamique propre du cours d’eau et donc sa capacité à générer une vie biologique.

Sur les cours d'eau, la présence d'un ouvrage quel qu’il soit a un impact sur le milieu en :
-    dégradant le lit mineur du cours d’eau au niveau de l’ouvrage : colmatage en amont (effet retenue) et érosion importante des berges en aval du fait de la rupture de pente engendrée
-    limitant le transport solide (gravier, sable,…)
-    perturbant le cycle biologique des espèces piscicoles

Techniquement, les solutions possibles vont de l’aménagement de passes à poissons à la suppression totale de l’ouvrage. Avec l’obligation donnée par la Directive Cadre sur l’Eau et le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux, c'est aujourd'hui en priorité la suppression des ouvrages qui est recherchée car c'est la seule solution à même de garantir la libre circulation des poissons et le transport solide.

En Finistère, les actions en faveur de la continuité écologique progressent d’année en année, tant sous maîtrise d’ouvrage des AAPPMA que des collectivités locales.

Chasse aux idées reçues

Effacer un ouvrage, supprimer un seuil... amène souvent un certain nombre de commentaires parmi lesquels figurent généralement l’assertion suivante « il n’y aura plus d’eau dans la rivière en amont après l’effacement ».

D’un point de vue écologique, ce point de vue est difficilement justifiable. En effet, le niveau en amont d’un seuil est un niveau artificiel. Ouvrir des vannes ou effacer un seuil revient donc à retrouver le niveau naturel du cours d’eau sans variation de débit. Il n’y a que la vitesse du courant et la largeur du lit qui vont être modifiées jusqu’à retrouver un profil d'équilibre naturel.

Par ailleurs, on constate généralement une reprise rapide de la végétation sur les zones qui sont exondées suite à l’abaissement du plan d’eau. L’implantation de cette végétation contribue également à stabiliser efficacement les berges.

« Combien ça coûte ? »

Le choix entre l'effacement d’un ouvrage et son aménagement par une passe à poissons est aussi une question de coût. Ainsi, le coût moyen de la première option est d’environ 8 000 € par mètre de chute contre 30 000 € par mètre de chute pour la seconde, sachant que seule la première solution garantit une continuité écologique optimale. 

Continuité écologique… ça presse

Conformément aux engagements de la France dans le cadre du plan de gestion anguille et des lois « Grenelle » votées pour atteindre le bon état écologique, 400 ouvrages devront être aménagés ou effacés d’ici 2012 à l’échelle du bassin Loire-Bretagne.

Au niveau du département du Finistère, cela représente 50 ouvrages. Une première rencontre, courant novembre 2009, a permis de sélectionner les ouvrages à traiter en priorité. il reste maintenant à engager la nécessaire concertation et à définir les modalités d’intervention. Bien entendu, Fédération et AAPPMA seront partie prenante de ces démarches.

Exemple de réalisation

Construite dans le cadre du Contrat de Projet en 2009, la passe à poisson du moulin du Fao sur la rivière de Pont Labbé a été réalisée sous la maîtrise d'ouvrage de la Fédération de Pêche du Finistère en étroite collaboration avec l'AAPPMA de Pont l'Abbé.

 Passe du moulin du Fao

 

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