Indice d'abondance saumon

Depuis 1994, une série de campagnes annuelles est menée afin de connaître l’abondance des juvéniles de Saumon Atlantique (appelés tacons) sur plusieurs cours d’eau du Massif Armoricain. Cette expérimentation a été mise au point sur le Scorff en Morbihan puis étendue au bassin de l’Odet et enfin à d’autres cours d’eau bretons grâce à la collaboration del’INRA, du CSP (actuellement ONEMA) et des Fédérations pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique. En 2015, dix-huit bassins versants de Bretagne ont été pêchés selon la méthode des indices d’abondance et d'après le protocole de Prévost et Baglinière (1993). Celui-ci est spécifique aux pêches de juvéniles de Saumon Atlantique de l’année (tacons 0+) et s’applique aux cours d’eau à salmonidés d’une largeur supérieure à 3 m. Les pêches doivent s’effectuer dans des secteurs de radiers et de rapides (voire plats courants à fond grossier et peu profonds) qui sont les habitats préférentiels des juvéniles de saumon au stade 0+.

Le matériel de pêche (Prévost et Baglinière, 1993)

- appareil de pêche électrique portable alimenté par une batterie 24 V (puissance max. 200 W) délivrant un courant impulsionnel de fréquence 400 Hz, la tension de sortie étant réglée pour fonctionner à 50 % de la puissance disponible. L'anode est un cercle d'aluminium de 35 cm de diamètre sur un manche de 1,5 m de long ;

- deux épuisettes à cadre métallique de 60 et 75 cm de large (resp. 40 et 50 cm de haut) équipées d'un filet à mailles de 4 mm. Le rebord inférieur du cadre est  droit car elles doivent reposer sur le fond de la rivière sans laisser d'espace d'échappement ;

- une petite épuisette "volante" à main et un à deux seaux.

Les tacons capturés sont directement mesurés et les données enregistrées dans un ordinateur de terrain.

Le protocole de pêche (Prévost et Baglinière, 1993) 

Quatre personnes minimum sont requises : une au Martin Pêcheur, deux aux épuisettes et un voir deux porteurs de seau. Le protocole de pêche peut être résumé comme suit :

1. Le porteur du Martin Pêcheur place les porteurs d'épuisettes à l'aval de la zone qu'il va balayer avec l'anode, dans un secteur de rapide ou de radier (ou à défaut de plat courant). Les deux épuisettes sont posées au fond, face au courant et en position fixe, avec un recouvrement latéral des cadres afin de ne pas  laisser de section non filtrée entre elles. L'un des deux positionneurs d'épuisette tient aussi l'épuisette "volante".

2. L'anode balaye une zone de 4-5 m en amont des épuisettes dans la veine d'eau filtrée par celles-ci.

3. Les poissons attirés puis "choqués" par le courant électrique descendent dans les épuisettes guidés par l'anode et poussés par le courant.

4. Au besoin, les poissons bloqués au fond ou dans la végétation aquatique sont récupérés à l'épuisette à main.

5. Les poissons sont transférés dans les seaux.

L'opération est renouvelée sur une zone favorable (radier ou rapide) non perturbée par le "trait" précédent, en prenant garde de ne pas marcher sur la zone suivante et de se déplacer le plus discrètement possible. L'échantillonnage d'une station s'arrête au bout de 5 minutes de pêche effective, anode en fonctionnement dans l'eau, mesurés sur le compteur du Martin Pêcheur.

Les indices d’abondance et les juvéniles 0+ (tacon de l'année)

Il s’agit de pêcher, pendant 5 minutes, des zones favorables aux juvéniles (radiers, rapides et plats courants) en fin d’été-début d’automne. Le nombre de juvéniles de l’année capturé en 5 minutes est, en effet, un indicateur de la densité en place dans le cours d'eau. Les indices d’abondance de juvéniles de l’année (0+) sont obtenus d’après les histogrammes des tailles des tacons pêchés qui font apparaître deux cohortes bien distinctes : les juvéniles de l’année et ceux qui proviennent du recrutement de l’année précédente (1+).

Ainsi, sur le graphique ci-dessous, le rond bleu identifie, par exemple, les petits saumons de l’année. Les autres barres représentant les tacons de plus d’un an qui n’ont pas encore dévalés vers l’océan.

Depuis 2003, des classes d’abondance ont pu être définies au niveau régional à partir des indices obtenus sur 740 stations.

 

Indice Classe d’abondance
0 Nul
1 à 10 Très mauvais
11 à 20 Passable
21 à 50 Bon
51 à 100 Très bon
Au-delà de 101 Exceptionnel

Dans le département, 10 bassins versants sont prospectés par cette méthode, tous les ans. Il s'agit des bassins suivant, du nord au sud : Douron, Queffleuth, Penzé, Elorn, Mignonne-Camfrout, Aulne, Goyen, Odet-Jet-Steïr, Aven, Ellé-Isole. Chaque point de couleur sur la carte représente une station de pêche.

Les derniers résultats (2014)

Etant donné que les pêches électriques ont lieu en septembre/octobre, le traitement des données 2015 n'est pas encore terminés pour pouvoir le présenter. Dès qu'il sera terminé, ce chapitre sera actualisé.

Aujourd'hui, ce sont donc les résultats 2014 qui sont en ligne.

Globalement, l’année 2014 conforte l’évolution constatée en 2013 et obtient un  recrutement de juvéniles saumons supérieur. 7 bassins versants sur 10 voient leur indice moyen pondéré augmenter par rapport à 2013. La poursuite du suivi permettra de voir si la situation finistérienne s’inscrit dans une phase d’augmentation du recrutement ; comme cela avait pu être observé sur certains cours d’eau à partir des années 2007/2008.

En ce qui concerne l’indice régional moyen pondéré, il est, en 2014, de 34 individus 0+ pêchés en 5 minutes. 8 bassins versants finistériens sur 10 ont un indice moyen supérieur.

A l’échelle de l’ensemble des stations prospectées, il est possible de faire plusieurs constatations :
-    Contrairement à l’an passé, les fortes augmentations de débits de mi novembre à fin décembre 2013 n’ont pas forcément eu comme conséquence une bonne colonisation des stations les plus en amont des bassins versants. Cela s’observe notamment sur la Penzé et surtout sur l’Aulne.
-    Les résultats obtenus permettent de dire que les crues de fin décembre 2013 et février 2014 n’ont pas eu un impact trop important sur la tenue des frayères et la survie des œufs sous graviers. Toutefois, les fortes remontées de géniteurs observées pour 2013 ont pu aussi limiter l’impact de ces crues.
-    La taille des juvéniles 0+ est, sur tous les bassins pêchés sauf celui de l’Aven, en augmentation. Ces résultats ne mettent pas en évidence de relation densité/taille. On peut émettre l’hypothèse qu’ils témoignent certainement d’une meilleure productivité des cours d’eau. En tout état de cause, les tailles observées garantissent un meilleur taux de survie des juvéniles.
-    Les résultats annuels sont orientés à la hausse pour la majeure partie des bassins versants, sauf pour ceux du Queffleuth et de la Penzé dont les évolutions sont très similaires.
-    Les variations du recrutement, à la hausse ou à la baisse, apparaissent plus marquées sur certains cours d’eau (Queffleuth, Penzé, Elorn, Odet).


Les résultats 2014 confirment, pour la majorité des cours d’eau, leur bon état fonctionnel pour produite naturellement des juvéniles de saumons. Les baisses de recrutement observées par la passé apparaissent très conjoncturelles. Comme le sont, sans doute, les baisses observées cette année pour les bassins du nord Finistère (Queffleuth, Penzé) qui restent toutefois sur des niveaux de recrutement très bons. La poursuite du suivi permettra d’indiquer si la tendance s’inscrit, comme cette année à la hausse. De même, elle devrait permettre de voir si, sur certains bassins, des cycles se dessinent. 

Compte tenu de ces éléments, la gestion patrimoniale (sans déversements de poissons) menée sur les cours d’eau fonctionnels ne peut être remise en cause.

Pour l’Aulne, dont l’origine des mauvais résultats récurrents est la très grande difficulté pour les géniteurs à rejoindre les zones de frayères, l’amélioration des conditions de migration reste la première des nécessités. A ce titre, le suivi 2015 sera particulièrement intéressant puisqu’il fera suite à une année « complète » d’expérimentations d’ouverture des pertuis.

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