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Accueil La pêche sur le lac

La pêche à Saint Michel est plurielle. Les poissons recherchés sont la truite, le brochet et la perche. Un panel de techniques est envisageable sur le lac pour capturer ces derniers du bord ou en bateau. Afin d'assurer un suivi et d'observer les tendances de la pêche sur le lac Saint Michel, un carnet de capture est distribué à chaque pêcheur.

Loin d’être un moyen de surveillance, les carnets de captures sont avant tout un outil pour mieux connaître la pêche à St Michel. Ils permettent de faire redescendre vers les pêcheurs les données statistiques qui ont pu être établies grâce à eux. Les carnets de captures sont donc aussi un moyen d’échange d’informations sur la pêche à St Michel.

Des résultats surprenants pour le brochet

Pour le brochet, le total des sorties enregistrées s’élève à 1676 sur la période 2002 à 2007. Cela représente en moyenne 8 sorties à l’année par pêcheur. Globalement, comparativement au nombre total de sessions de pêche sur le lac, on constate que 30% de celles-ci sont consacrées au brochet.

Les données récoltées permettent d’estimer les Captures Par Unités d’Effort (CPUE). Cela correspond au nombre de poissons capturés à l’heure par un pêcheur à la ligne. Toutes techniques de pêche confondues sur le lac Saint Michel, il s’avère que la CPUE moyenne sur la période 2002-2007 est de 0,34 brochets à l’heure. Autrement dit, il faut 3 heures de pêche pour capturer un brochet, toutes tailles confondues.

En ce qui concerne les brochets supérieurs à la taille légale de 65 cm, le temps nécessaire pour capturer un individu est de 10h. L’intérêt de la CPUE est donc de fournir une valeur « étalon » qui permet la comparaison avec d’autres sites de pêche. Ainsi, il faut savoir qu’au niveau national, une synthèse réalisée par l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, montre qu’il faut près de 14h pour capturer un brochet quelque soit sa taille dans des milieux pourtant conformes ! Ce résultat laisse à penser que le peuplement en brochet de St Michel est satisfaisant, d’où l’importance des carnets de captures qui permettent de voir ce qui se passe « sous la surface des eaux » !

Zoom par zones

Si l’on regarde plus précisément les résultats par techniques, la pêche aux leurres et celle au poisson mort manié sont les techniques les plus productives.
Chose étonnante, la CPUE pour les pêcheurs pratiquant du bord est supérieure à celle des pêcheurs pratiquant en bateau. Les pêcheurs du bord sur Saint Michel font donc globalement preuve de dextérité pour la pêche au brochet. Peut-être est-ce aussi lié au fait que le brochet est un poisson fortement lié à la rive.

La carte suivante présente les résultats des CPUE toutes techniques confondues par zones du lac (valeur notée en caractère soulignée ; les numéros des zones correspondent enfin aux étiquettes en blanc). 

( nota : carte de 2008 ne tenant pas en compte la nouvelle réglementation de l'arrêté préfectoral Saint Michel 2010 )

Sur le lac Saint Michel, la CPUE est plus élevée sur les zones de plus faibles profondeurs (Zone 3-4 et 6). La zone la plus productive est celle de l’Ellez avec une probabilité de capture de brochet toute taille confondue de 1 poisson pour 1h30 environ. Cette zone combine en effet des secteurs de faibles profondeurs avec des herbiers et bois mort. En outre, l’ancien lit de l’Ellez crée un habitat de choix pour les brochets de toutes tailles. Du fait de l’encombrement sur ce secteur, les techniques privilégiées sont le leurre de surfaces, le leurre souple non plombés et les spinnerbaits pour se faufiler entre les obstacles et déclencher l’attaque d’un brochet embusqué.

A l’opposé, les zones 7 et 9 ont les résultats les plus faibles. La zone 9, très fréquentée, est une zone de pêche grand public où beaucoup de personnes s’essayent à la traque du brochet. Les résultats, compte tenu de la forte fréquentation des pêcheurs, restent faibles. Pour la zone 9, le facteur habitat semble être la principale raison de ce constat. C’est en effet la zone la plus profonde du lac qui offre peu d’abris aux brochets. Cependant, ce secteur est favorable aux gros sujets, qui aiment évoluer sous plusieurs mètres d’eau à la recherche de gros poissons fourrage. Cette zone toujours mystérieuse pour la pêche réserve probablement de grosses surprises pour les amateurs de sensations fortes. Leurres souples bien plombés ou poissons nageurs très plongeants peuvent déclencher l’attaque de brochets de taille record.

St Michel, site majeur en Finistère pour le brochet, cela ne fait pas un doute. Aujourd’hui, il a dnaturellement sa place dans ce lac magique et sa présence ne saurait être remise en cause. Dans l'avenir, il apparaît  important de communiquer et médiatiser encore davantage ce lac. Cela sera chose faîte dès cette année 2010 avec le premier Open Carnassier en Finistère (affilié AFCPL).

Et la truite ?

Concernant la truite arc-en-ciel, le suivi de carnets de captures de 2002 à 2007 recense 3718 sorties soit 70% de l’effort de pêche sur le lac. La CPUE globale concernant cette espèce est de 0,29 individu pêché à l’heure soit presque 4 heures de pêche pour capturer une truite, que ce soit du bord ou en bateau.

Dans le panel de techniques autorisées, la technique du poisson mort manié semble la plus efficace pour capturer des truites arc en ciel (1 poisson pour 2,5 heures de pêche). Pour les autres techniques, la mouche et le lancer devancent, en termes de résultats, la pêche au posé et ce quel que soit l’appât au bout de l’hameçon. Ces résultats confortent la fédération dans son choix d'inciter à pratiquer au lancer du bord plutôt que d’autoriser une deuxième canne au posé.

En ce qui concerne la répartition des captures, la zone 9 (barrage, camping) jouit d’une grande popularité auprès des amateurs de pêche à la truite du lac Saint Michel. Elle est la plus fréquentée du lac. Facile d’accès, la pêche y est grand public et toutes les techniques y sont pratiquées. Cette fréquentation engendre en toute logique une CPUE moyenne  (3h20 de pêche pour capturer une truite) inférieure à celle des zones 10 et surtout 7, et ce malgré la proximité des déversements.

La zone 7 se démarque nettement sur le lac de par ses résultats avec près d’une truite capturée par heure de pêche. On peut donc penser que la pêche en bateau de la truite y est une technique efficace, permettant d’intercepter les groupes de poissons qui croisent en pleine eau. Le public de pêcheur fréquentant cette zone est moins important mais très spécialisé dans la recherche des poissons.

( nota : carte de 2008 ne tenant pas en compte la nouvelle réglementation de l'arrêté prefectoral Saint Michel 2010 )

En conclusion


Cet exercice de synthèse aura permis d’obtenir des informations précieuses, notamment concernant la population de brochets, et de confirmer des impressions.

Pour les brochets, la probabilité de capture est élevée par rapport au niveau national, et l’histogramme des tailles des poissons capturés témoigne d’un milieu particulièrement préservé où le brochet se développe de façon satisfaisante. La gestion menée sur le lac semble donc bien fonctionner.
Par ailleurs, l’étude des carnets montre logiquement que, compte tenu des modalités réglementaires et des biotopes rencontrés, le secteur « Ouest » du lac est plutôt ciblé pour la pêche du brochet tandis que la partie « Est » plutôt à celle de la truite.  Par ailleurs, les variations saisonnières conditionnent aussi le déplacement et la probabilité de capture des poissons sur le lac.
Ce travail important pose la question d’une éventuelle modification du zonage du lac de manière à avoir plus de cohérence entre les zones de pêche, les biotopes rencontrés et les modalités réglementaires.

Les carnets de captures sont donc une mine d’informations très intéressantes à exploiter. Mais cela ne peut se faire sans la participation des pêcheurs. Aussi, afin de pérenniser la qualité de la pêche sur le lac St Michel, on attend vos carnets avec impatience. Merci d’avance.

Estimer l’état de la population de brochet

Depuis 2004, il est demandé aux pêcheurs de noter la taille des brochets qu’ils capturent. Cette information est précieuse car elle permet de construire un profil type de la population de brochets du lac à partir de cet échantillon sans avoir à faire d’inventaire total, ce qui serait impossible sur une telle étendue.
Au final, grâce à la compilation de plus de 1600 tailles de brochets capturés entre 2004 et 2007, on arrive à établir le graphique suivant.

Histogramme des tailles de brochets issues des données de carnets de captures de 2002 à 2007

Globalement, il montre que la pyramide des âges des brochets est bien équilibrée et qu’il y a un bon renouvellement. En outre, on voit que l’instauration d’une taille légale de capture permet d’épargner un nombre conséquent de brochets alors qu’ils représentent une partie importante des captures (poissons compris entre 50 et 65 cm). Cette mesure de bon sens garantit le bon développement de la population et tend à augmenter les chances de capturer le poisson de sa vie.
Il est donc essentiel de pouvoir continuer, grâce aux informations des carnets de captures, à actualiser ce type de graphique qui sert d'indicateur de bon état de la population de brochets du lac St Michel.

Ferrage d'un brochet